embrasse son sourire. « Je l’aimais » de Zabou Breitman.

J’aime Zabou Breitman en tant que réalisatrice. Elle a cette sensibilité que peu de réalisateur a. Elle transcende les acteurs mais aussi l’histoire. Se souvenir des belles choses était splendide. Et quand une réalisatrice sensible adapte une auteur, Anna Galvada, tout aussi sensible, cela donne « Je l’aimais« .
Je n’ai pas lu l’oeuvre originale d’Anna Gavalda et je m’y mettrais sûrement. De mémoire, ma meilleure amie me l’a conseillé mais je ne l’ai jamais lu. Alors, je suis allé voir l’adaptation cinématographique sans a priori. Tout commence à notre époque, une séparation, difficile. Et là, silence pesant, ambiance pesante, tout est pesant, parfois dérangeant. Pourtant, rien ne se passe. C’est juste l’atmosphère qui se dégage. Puis, une rencontre. Maladroite. Mais une rencontre dont on se souvient toute sa vie. Mais tout les sépare. Leur vie. Les kilomètres…

Je suis là dans la salle à « vivre » le film. Une impression de déjà vu sans l’avoir vécue. Et je regarde sans vraiment regarder. J’écoute sans vraiment entendre. J’ai pensé pleurer. plusieurs fois. Les larmes étaient là. Mais j’étais lui sans vraiment l’être. J’étais moi. J’aime.
Une phrase que je retiens du film. Embrasse son sourire.
Tags : cinéma, critique, films, je l'aimais



Après l’amour au delà de la maladie mentale et de l’amour homosexuel, Zabou Breitman s’empare de l’amour coup de foudre et adapte Je l’aimais, roman d’Anna Gavalda.
Pour raconter cette histoire, il aurait fallu creuser davantage les caractères et les conflits et opter pour une mise en scène plus incisive. Au contraire Zabou Breitman s’appuie sur une délicatesse naturelle et une sobriété qui lissent trop le récit. Tout est convenu. La réalisatrice appuie un peu trop ses effets qui deviennent inutiles et répétitifs. Sa mise en scène manque parfois de profondeur. De plus, elle revient inutilement sur des éléments d’exposition. On regrette les allers-retours passé-présent qui cassent le rythme du film.
Le démarrage du film est un peu poussif, avec beaucoup de longueurs. L’histoire d’amour est insipide au plus au point. Ce qui devait être une passion dévastatrice sonne creux comme un tonneau. Les dialogues sont sans surprise, sans profondeur et sans invention. On sent une certaine théâtralité dans les répliques. De plus, le film s’enfonce dans des longueurs abyssales. Les moments qui se veulent poétiques et métaphoriques alourdissent énormément le métrage car ils sont souvent déjà vu et ratés. L’émotion est absente. Il manque la magie, la magie de l’amour.
Cette histoire sirupeuse ne présente aucun angle d’attaque intéressant. Tout est glissant, dans la mièvrerie et la convention, alors que l’ambition commune de l’auteur et de la réalisatrice était de livrer un grand moment de passion contrariée.
D’une beauté et d’un charme naturel, Marie-Josée Croze est sublime. Elle possède un énorme charisme et illumine le film. Elle est parfaitement mise en valeur. En revanche Daniel Auteuil n’est pas au mieux de sa forme. Son rôle ne lui convient pas : il rame. Tout sonne faux. Il s’ennuie et n’y croit pas. L’acteur en fait trop. Certains rôles secondaires sont bien assurés tel que la fidèle secrétaire et Christiane Millet en épouse bafouée
Une fresque illustrant le vieil adage « Mieux vaut avoir des remords que des regrets ». Le film manque du souffle et est beaucoup trop lent pour nous tenir accrocher à lui jusqu’à la fin. Creux et ennuyeux. N’est pas Wong Kar Waï qui veut.